Henri Weber, directeur des études européennes auprès du Premier secrétaire
Henri Weber, directeur des études européennes auprès du Premier secrétaire

Attentats : intégration, lutte idéologique… 4 mesures pour combattre le terrorisme

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On le sait, il ne faut pas aborder l’Orient compliqué avec des idées simples. Mais tout de même ! Si la stratégie de l’autoproclamé "État islamique" est de dresser les musulmans de France contre les Français "de souche", pour provoquer la guerre civile, le moins que l’on puisse dire, c’est que la tuerie du 13 novembre 2015 est contre-productive. Notre art de vivre a été frappé Elle est contre-productive par sa cible : non plus des caricaturistes blasphémateurs, des policiers apostats et des juifs simplement juifs. Mais le tout-venant, la foule festive et métissée du vendredi soir. Elle l’est par son sens : en s’attaquant aux amateurs de rock, aux supporters de foot, aux trinqueurs des terrasses,

Attentats à Paris : à la nécrophilie de Daech, opposons notre amour de la vie

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Lorsque les djihadistes se sont emparés de Tombouctou, nous rappelle le beau film d’Abderrahmane Sissako, ils ont interdit la musique, la fête, le foot. Leurs sinistres brigades des mœurs patrouillaient dans les quartiers pour surprendre les contrevenants. Les plus chanceux s’en tiraient avec 50 coups de fouet. C’est cette même haine de la vie qui inspire les attentats du vendredi 13 novembre. Ce n’est pas céder au délire d’interprétation que de constater que les cibles désignées aux tueurs n’ont pas été choisies au hasard : le Bataclan, pour la musique et la danse, les terrasses conviviales et métissées de l’Est parisien, pour le plaisir et le flirt, le Stade

Le libéralisme est-il de gauche ? (Publié le 3 octobre 2015 sur le site de l’Obs)

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Le libéralisme est-il de gauche, comme le prétend Emmanuel Macron ? Les libéralismes politique et sociétal, sans aucun doute. Mais le libéralisme économique, revendiqué et illustré dans leurs derniers livres et discours par François Fillon, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, certainement pas ! Le libéralisme, en effet, est un mot-valise, qui recouvre des contenus différents. Il y a le libéralisme politique, doctrine née au XVIIème siècle et qui s'efforce de répondre à la question : "Comment être gouvernés sans être opprimés ? Comment garantir les individus contre l'arbitraire des gouvernants et des puissants ?". La réponse, bien connue, est : l'Etat de droit, la division et la séparation des pouvoirs, le respect des droits de

Mon intervention au Conseil National du 19 septembre 2015

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« C’est la déception qui crée la dispersion », disent les minoritaires socialistes. C’est une façon fallacieuse et stérile de poser le problème du rassemblement de la gauche et des écologistes. -       Quand nous sommes au pouvoir, nos adversaires sont toujours excédés et nos partenaires sont toujours « déçus », parce que nous appliquons notre politique, et non principalement la leur, même si sommes ouverts aux compromis. Depuis juin 2012, nous avons fait voter la loi « transition énergétique », nous travaillons d’arrache-pied au succès de la COP21, nous développons les énergies renouvelables, nous avons intégré l’apport de l’écologie politique à notre corps de doctrine, qui est désormais l’éco-socialisme. Mais Emmanuelle Cosse et la majorité des dirigeants d’Europe Ecologie-Les

Europe : quel saut démocratique ?

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La question de la gouvernance de la zone euro et de l'Union européenne est devenue le nœud gordien qu'il faut trancher si l'on veut sortir de la crise de l'UE. Plus de solidarité entre les Etats membres appelle plus d’intégration entre leurs économies et leurs sociétés, et plus d’intégration exige plus de démocratie. Mais si beaucoup s'accordent sur la nécessité d'opérer un saut démocratique en Europe, il n'existe pas de consensus sur la nature de ce saut. Pour les ultra-fédéralistes – il en reste ! – le temps des Etats-nations est révolu, celui des Etats-Unis d’Europe a sonné, le saut démocratique doit être un bond fédéral. Concrètement, précisent-ils, cela implique que nous transformions

Sauver la Grèce, une ambition européenne

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L’accord du 13 juillet conclu entre Alexis Tsipras et le Conseil européen évite le pire – une sortie en catastrophe de la Grèce de la zone euro – et permet de gagner du temps. Son sens ultime sera donné par ce à quoi ce sursis aura été employé. Ce délai peut servir à préparer un « Grexit ordonné ». Une majorité de chefs d’Etat et de gouvernement de l’Eurozone se sont ralliés au compromis voulu par François Hollande, initialement très minoritaire, parce que celui-ci les a convaincus qu’une sortie non maîtrisée de la Grèce serait catastrophique non seulement pour ce malheureux pays, mais aussi pour l’Union européenne dans son ensemble. « Cela va vous

Grèce : un clivage, quatre positions

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Le clivage gauche-droite, réputé dépassé, s’est affirmé à nouveau sur la question du « Grexit ». Les « Républicains », toutes écuries confondues, ont exigé tout d’abord la sortie de la Grèce de l’Eurozone et stigmatisé la faiblesse coupable de François Hollande à l’endroit d’Alexis Tsipras. Puisqu’une nette majorité d’électeurs grecs s’est prononcée par référendum contre le projet d’accord approuvé par 18 gouvernements de l’Eurozone sur 19, disaient Nicolas Sarkozy, VGE, François Fillon, Alain Juppé,  que la Grèce retourne à ses drachmes. N’étant pas à une virevolte politique près, ces leaders ont fini par se rallier à l’accord du 13 juillet, mais leur premier mouvement est aussi révélateur qu’inquiétant. Le Front national a adopté la même

Crise grecque : les trois objectifs des socialistes

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Face à la crise grecque, les socialistes français poursuivent trois objectifs. Le premier est de maintenir la Grèce dans la zone euro, éviter au peuple grec, déjà si durement éprouvé par la politique ultra-austéritaire que lui imposent les « institutions » depuis cinq ans, le « scénario argentin », sans les richesses de l’Argentine, que lui recommande l’inénarrable Alain Badiou et quelques autres irresponsables. Une sortie incontrôlée de l’euro, c’est la dévaluation de 40 à 70% de la drachme, la faillite des banques et de nombreuses entreprises, une nouvelle envolée du chômage, l’effondrement du système de protection sociale et des services publics ; le chaos, dans un pays situé entre les Balkans, le Proche-Orient et la

Et maintenant, s’attaquer aux vices de construction de l’Euroland

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La crise grecque, mais aussi celles, nullement résorbées, d’autres pays de la périphérie européenne, illustrent l’inefficacité dévastatrice de la politique d’austérité généralisée mise en œuvre en Europe depuis 2009 par les conservateurs libéraux. L’idée que l’austérité ramènera la confiance des investisseurs, et que le retour des investisseurs relancera la croissance, s’est avérée dramatiquement fausse et a conduit l’Union européenne au seuil de la déflation. L’austérité synchronisée a noyé le moteur de la demande, et l’atonie de la demande a dissuadé les investisseurs. Il a fallu l’audace iconoclaste de Mario Draghi, s’asseyant sur les Traités et rachetant chaque mois pour 60 milliards d’euros d’obligations d’ Etat et désormais aussi, d’entreprises, pour

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